Votre centre EUROPE DIRECT part tous les mois à la rencontre des porteurs de projets européens ou ayant bénéficié des fonds européens sur le territoire. Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir la Vigotte Lab à Girmont-Val-d’Ajol (88340).
Rencontre avec Antoine Daval, cofondateur de La Vigotte Lab
Pouvez-vous nous présenter La Vigotte Lab ?
La Vigotte Lab est un laboratoire vivant installé dans un hameau du Girmont-Val-d’Ajol. Le site s’étend sur environ 30 hectares, composés pour un tiers de forêts, un tiers de prairies et un tiers de milieux aquatiques et humides.
L’idée est née d’un constat : il existe encore peu de lieux permettant aux chercheurs, collectivités et organismes de formation d’expérimenter directement les solutions destinées à l’avenir des territoires ruraux.
En 2021, les fondateurs ont ainsi rencontré une quarantaine d’acteurs académiques, institutionnels et associatifs pour tester l’intérêt d’un tel lieu. Aujourd’hui, La Vigotte Lab accueille environ 1 000 étudiants par an et travaille avec une trentaine de laboratoires de recherche.
Qu’expérimente-t-on à La Vigotte ?
Le hameau permet de travailler grandeur nature sur des problématiques très diverses : adaptation au changement climatique, énergie, alimentation, gestion des forêts, matériaux de construction, biodiversité ou encore autonomie des territoires.
L’une des ambitions est notamment de recréer des circuits très courts, non seulement pour l’alimentation mais aussi pour les matériaux et l’énergie.
Les expérimentations sont ensuite documentées afin que leurs résultats puissent être transformés en guides et outils accessibles aux collectivités et à d’autres territoires.
Qu’ont permis de financer les fonds européens ?
Plusieurs soutiens européens ont accompagné le développement de La Vigotte Lab.
Le FEDER a notamment participé au financement d’équipements et d’aménagements permettant d’accueillir le public : parcours de découverte, parcours sonore pour les visites en autonomie, ressources numériques, capsules vidéo, sentiers ou encore signalétique.
Le programme LEADER, financé par le FEADER, a de son côté participé à l’éco-rénovation de la principale salle de séminaire et d’accueil du public. Réalisée notamment avec des matériaux locaux, elle peut accueillir jusqu’à environ 70 personnes.
La Région Grand Est recense 50 729,60 € de FEDER pour la rénovation et l’aménagement ainsi que 29 991,96 € de LEADER pour l’éco-rénovation en circuit court de cette salle.
Qu’est-ce que ces financements européens ont changé ?
Pour Antoine Daval, leur intérêt réside notamment dans leur effet de levier.
Obtenir un premier financement permet à La Vigotte Lab d’aller solliciter d’autres partenaires et de construire progressivement le financement de projets de recherche et d’expérimentation qui nécessitent parfois plusieurs années.
Les fonds européens offrent également une certaine souplesse pour accompagner des projets innovants qui ne correspondent pas toujours aux dispositifs de financement traditionnels.
Le projet aurait-il été possible sans ces aides ?
Pour le cofondateur de La Vigotte Lab, la réponse est claire : les projets menés sur le site relèvent en grande partie de l’intérêt général, de la recherche et de l’expérimentation et n’ont donc pas nécessairement de rentabilité économique immédiate.
« On a besoin de financements qui n’attendent pas de retour sur investissement immédiat pour préparer l’avenir. »
Le soutien public, et notamment européen, permet ainsi d’expérimenter aujourd’hui les solutions qui pourront être utilisées demain par d’autres territoires ruraux.



